Comment nommer un commissaire aux comptes dans une association ?

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Les situations imposant la désignation d’un commissaire aux comptes

Dans la vie d’une association, l’intervention d’un commissaire aux comptes (CAC) devient obligatoire dès que certaines limites financières sont franchies. La loi fixe des critères précis basés sur les ressources et la taille de la structure. L’obligation s’applique d’abord aux associations percevant plus de 153 000 euros de subventions publiques par an. Ce même seuil de 153 000 euros est retenu pour les structures qui reçoivent des dons ouvrant droit à un avantage fiscal. Au-delà de ces montants, la certification des comptes par un professionnel externe est une contrainte légale.

Par ailleurs, les associations dépassant deux des trois critères suivants doivent également nommer un CAC :

  • Un bilan total supérieur à 3,1 millions d’euros ;
  • Un chiffre d’affaires ou des ressources dépassant 6,2 millions d’euros ;
  • Un effectif de plus de 50 salariés.

D’autres cas spécifiques existent, notamment pour les associations émettant des obligations, celles qui gèrent des centres de formation d’apprentis ou encore les structures reconnues d’utilité publique.

La procédure de vote en assemblée générale

La nomination d’un commissaire aux comptes dans une association ne peut pas être décidée par le seul président ou par le conseil d’administration. C’est l’assemblée générale ordinaire qui détient cette compétence. Avant la réunion, les dirigeants doivent solliciter un ou plusieurs cabinets pour obtenir des propositions d’honoraires. Le choix se porte sur un professionnel inscrit sur la liste officielle établie par la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC).

Lors de l’assemblée, les membres votent pour désigner un commissaire aux comptes titulaire et, bien que cela ne soit plus systématiquement obligatoire depuis la loi Soilihi de 2019, un commissaire aux comptes suppléant si le titulaire est une personne physique. Le procès-verbal de l’assemblée doit mentionner explicitement l’identité du professionnel choisi et la durée de sa mission.

La durée du mandat et le renouvellement

Pour une association, le commissaire aux comptes est nommé pour une durée de six exercices comptables. Cette période est fixe : l’association ne peut pas mettre fin à sa mission prématurément, sauf en cas de faute grave ou d’empêchement, et cela nécessite souvent une décision de justice. À l’expiration du mandat, l’assemblée générale doit soit renouveler le professionnel sortant, soit en désigner un nouveau.

Les formalités administratives et de publicité

Une fois le vote validé, plusieurs démarches concrétisent la nomination. Le commissaire aux comptes doit confirmer par écrit son acceptation du mandat. Il vérifie au préalable qu’il n’existe aucun conflit d’intérêts ou lien de parenté avec les dirigeants de l’association qui pourrait compromettre son indépendance. L’association doit ensuite rendre cette nomination publique.

Le procès-verbal de l’assemblée générale est déposé auprès du greffe du tribunal de commerce pour les associations exerçant une activité économique, ou transmis à la préfecture pour les autres.

L’identité du CAC doit figurer sur les documents officiels de l’association et dans les rapports financiers annuels. Cette transparence permet aux partenaires, banques et financeurs publics de savoir que les comptes de la structure font l’objet d’un contrôle externe rigoureux.

Le rôle du commissaire aux comptes au quotidien

Le travail du CAC ne se limite pas à la signature du bilan en fin d’année. Il effectue des audits réguliers pour vérifier la sincérité des écritures comptables. Sa mission consiste à certifier que les comptes annuels sont réguliers et donnent une image fidèle du patrimoine de l’association.

S’il constate des irrégularités ou des faits délictueux, il a l’obligation d’en informer les dirigeants et, dans les cas les plus graves, le Procureur de la République. Il dispose également d’un droit d’alerte s’il estime que la continuité de l’activité de l’association est menacée par des difficultés financières persistantes.

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