Le salaire minimum de croissance connaîtra une nouvelle hausse automatique au 1er juin 2026. Cette décision découle de l’application du Code du travail, qui prévoit un ajustement dès que l’indice des prix à la consommation augmente de plus de 2 % par rapport à la dernière référence. Cette mesure vise à protéger le pouvoir d’achat des ménages les plus modestes face à la persistance de l’inflation constatée ces derniers mois.
Un mécanisme déclenché par la hausse des prix
Le déclencheur de cette revalorisation est l’indice Insee mesurant l’inflation pour les ménages situés dans le premier quintile de revenus. En dépassant le seuil légal de 2 %, cet indice rend l’augmentation du Smic obligatoire sans attendre la révision annuelle du 1er janvier.
Ce dispositif garantit que les salaires les plus bas suivent l’évolution du coût de la vie en temps réel, ou presque. Les chiffres définitifs seront confirmés par décret quelques jours avant l’échéance, mais les projections actuelles permettent déjà de dessiner le nouveau barème.
Nouveaux montants prévisionnels
Sur la base des indices de prix disponibles, le Smic horaire brut devrait passer de 12,02 € à 12,31 €. Pour un salarié travaillant 35 heures par semaine, les rémunérations évolueraient de la manière suivante :
- Smic mensuel brut : environ 1 867 €, contre 1 823 € actuellement et 100 € de + que le SMIC brut 2024.
- Smic mensuel net : environ 1 477 € à partir du 1er juin 2026, soit une progression de près de 35 € par mois, variable selon le taux de charge applicable.
Répercussions pour les entreprises
Pour les employeurs, cette hausse immédiate s’appliquera à tous les contrats en cours dès le premier jour de juin, et aura les impacts suivants :
- Revalorisation des salaires en dessous du SMIC et augmentation du coût direct du travail pour chaque salarié rémunéré au Smic.
- Obligation de mettre à jour les logiciels de paie et les bulletins de salaire pour le mois de juin.
- Écrasement des grilles salariales, les premiers coefficients des conventions collectives se retrouvant souvent rattrapés par le nouveau montant légal.
- Ajustement du calcul des exonérations de cotisations sociales, notamment pour la réduction générale dégressive unique (ex-réduction Fillon).
- Nécessité d’ouvrir des négociations annuelles obligatoires (NAO) pour maintenir un écart de rémunération entre les différents niveaux de qualification.
- Hausse mécanique des budgets liés au travail temporaire et aux contrats d’apprentissage, dont la rémunération est indexée sur le Smic.


