Choix de la déduction des frais réels
Lors de la déclaration de revenus, l’administration fiscale applique par défaut un abattement forfaitaire de 10 % sur les salaires pour couvrir les dépenses professionnelles courantes. Si vos frais réels, incluant les déplacements et la nourriture, dépassent ce montant, l’option pour les frais réels permet de déduire vos dépenses effectives. Ce choix impose de justifier chaque coût et de conserver les preuves d’achat pendant trois ans.
Critères d’éligibilité pour les repas
La déduction des frais de nourriture ne s’applique que si des contraintes professionnelles vous empêchent de déjeuner chez vous. Deux situations principales justifient ce besoin :
- L’éloignement géographique entre le domicile et le lieu de travail rend le trajet aller-retour impossible sur la pause déjeuner.
- Les horaires de travail, comme le travail en équipe ou les coupures courtes, imposent une présence sur site ou à proximité immédiate.
En revanche, un déjeuner pris à l’extérieur pour une simple convenance personnelle n’est pas déductible.
Barème et calcul pour l’année 2026
Le calcul repose sur la notion de frais supplémentaires. L’administration considère qu’un repas pris à domicile a une valeur fixe, qui constitue une dépense personnelle non déductible. Seul ce qui dépasse ce montant peut être déduit de vos revenus.
Pour l’année 2026, la valeur forfaitaire d’un repas pris au foyer est fixée à 5,50 €.
| 2024 | 2025 | 2026 |
| 5,35 € | 5,45 € | 5,50 € |
Calcul avec justificatifs
Si vous déjeunez au restaurant ou achetez un repas à emporter, vous déduisez la différence entre le prix payé et le forfait de 5,50 €. L’administration fixe toutefois une limite pour éviter les dépenses excessives.
En 2026, ce plafond est de 21,40 € par repas. Le montant maximal déductible par jour s’élève donc à 15,90 € (21,40 € – 5,50 €). Si votre addition dépasse 21,40 €, la fraction supérieure reste à votre charge et ne réduit pas votre impôt, sauf si vous pouvez justifier de circonstances exceptionnelles liées à votre métier.
Le cas du repas « gamelle »
Si vous apportez votre propre repas sur votre lieu de travail, vous pouvez également bénéficier d’une déduction.
Dans cette situation, l’administration autorise une déduction forfaitaire égale à la valeur du repas à domicile, soit 5,50 € par jour travaillé en 2026. Cet avantage dispense de fournir des factures de supermarché, mais nécessite de prouver l’impossibilité de rentrer déjeuner chez soi.
Incidence des titres-restaurant et de la cantine
Le calcul doit intégrer les aides éventuellement fournies par l’employeur.
Les titres-restaurant
Si vous utilisez des titres-restaurant, la part financée par votre employeur doit être soustraite du montant déductible.
Exemple : Pour un repas au restaurant de 18 €, vous retirez d’abord les 5,50 € de frais personnels, puis la part patronale du titre-restaurant (par exemple 6 €). Le montant net à déduire sera de 6,50 €.
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La restauration collective
Lorsque l’entreprise dispose d’une cantine ou d’un restaurant d’entreprise, la déduction se limite à la différence entre le prix payé par le salarié et le forfait de 5,50 €. Si le prix du repas en cantine est inférieur à 5,50 €, aucune déduction n’est possible.
Modalités de déclaration
Les sommes calculées se reportent dans les cases 1AK à 1DK de la déclaration de revenus. Il ne faut pas soustraire ces frais du salaire brut déclaré, car le logiciel de l’administration s’en charge après validation de l’option. Une note explicative détaillant le mode de calcul (nombre de jours, distance, type de repas) peut être jointe pour faciliter la lecture des services fiscaux.

